Ode
à Cassandre
Pierre de Ronsard
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Commentaire
Introduction
Pierre de Ronsard, chef de fille de la Pléiade, célèbre mouvement littéraire du XVI ème siècle, s'inspire d'auteurs antiques, et ici d'Horace et de son "Carpe Diem". Il reprend ici le topos de la fuite du temps, c'est pour mieux persuader et convaincre Cassandre de profiter de sa jeunesse et aussi de son amour (peut-être). Ce n'est cependant pas une imitation servile : Ronsard fille la métaphore de la fleur éphémère et l'enrichie par la musicalité de sa langue et le mélange des registres.
Plan
I) Un appel aux sentiments
1) l'apostrophe "mignonne"
- d'emblée de façon flatteuse et affectueuse
- insiste sur la beauté et la jeunesse + relation que Ronsard désir nouer avec elle
2) la métaphore de la femme-rose
- promenade => réactiver le cliché de la femme)fleur qui sert sa stratégie de séduction
- 1ère strophe : personnification de la rose et rosifiction de la femme
3) les répétitions
- "mignonne" à ≠ endroits :
* 1§ : au sommet de sa fraicheur
* 2§ : perd ses beautés
Pierre de Ronsard
Mignonne, allons voir si la rose
Qui ce matin avait déclose
Sa robe de pourpre au soleil,
A point perdu cette vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vôtre pareil.
Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place,
Las, las ses beautés laissé choir !
Ô vraiment marâtre Nature,
Puisqu'une telle fleur ne dure
Que du matin jusques au soir !
Donc, si vous me croyez, mignonne,
Tandis que votre âge fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez, cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur, la vieillesse
Fera ternir votre beauté.
Commentaire
Introduction
Pierre de Ronsard, chef de fille de la Pléiade, célèbre mouvement littéraire du XVI ème siècle, s'inspire d'auteurs antiques, et ici d'Horace et de son "Carpe Diem". Il reprend ici le topos de la fuite du temps, c'est pour mieux persuader et convaincre Cassandre de profiter de sa jeunesse et aussi de son amour (peut-être). Ce n'est cependant pas une imitation servile : Ronsard fille la métaphore de la fleur éphémère et l'enrichie par la musicalité de sa langue et le mélange des registres.
Plan
I) Un appel aux sentiments
1) l'apostrophe "mignonne"
- d'emblée de façon flatteuse et affectueuse
- insiste sur la beauté et la jeunesse + relation que Ronsard désir nouer avec elle
2) la métaphore de la femme-rose
- promenade => réactiver le cliché de la femme)fleur qui sert sa stratégie de séduction
- 1ère strophe : personnification de la rose et rosifiction de la femme
3) les répétitions
- "mignonne" à ≠ endroits :
* 1§ : au sommet de sa fraicheur
* 2§ : perd ses beautés
* 3§ : sans majuscule,
désacralisation, elle est "déflorable"
II) De la persuasion à l'argumentation
1) la fuite du temps
- vie présenté en une journée
- trajection des temps verbaux souligne le caractère éphémère de la beauté : passé, présent, futur
2) la progression thématique
- 1er sizain : analogie femme-fleur
- 2ème sizain : déploration face au temps qui passe
- 3ème sizain : conclusion des 2 premiers : il faut profiter tant qu'il en est temps
3) un poème en forme de syllogisme
- la femme est une rose
Or la rose est éphémère
donc "Mignonne" est éphémère
=> elle doit profiter de sa jeunesse
=> Plus qu'à une imitation servile du "Carpe Diem" d'Horace, Ronsard se livre à un détournement du message épicurien : ce n'est pas le jour mais la jeunesse qu'il faut saisir. Ce détournement est l'occasion de renouveler le lyrisme de l'Ode latine.
III) La musicalité de la langue
Le poète par la musicalité de sa langue et le mélange des genres insuffle un nouveau souffle à l'Ode latine.
1) la musicalité de la langue
- reprend la structure en 3 § de l'Ode pindarique = genre prestigieux => lyrisme familier => musicalité de la langue
- néologisme + rimes "choir/soir" - "jeunesse/ivresse"…
- rythme mimétique : "choir" + inversion insiste sur l'idée de chute
=> mais c'est surtout la "varietas", chère aux poète de la Pléiade que Ronsard renouvèle l'Ode.
2) le mélange des registres : "la varietas"
- 1§ : lyrisme élogieux
- 2§ : élégie pathétique : "las" => petit drame
- 3§ : didactique : connecteur logique : "donc", "si", "tandis que"…
II) De la persuasion à l'argumentation
1) la fuite du temps
- vie présenté en une journée
- trajection des temps verbaux souligne le caractère éphémère de la beauté : passé, présent, futur
2) la progression thématique
- 1er sizain : analogie femme-fleur
- 2ème sizain : déploration face au temps qui passe
- 3ème sizain : conclusion des 2 premiers : il faut profiter tant qu'il en est temps
3) un poème en forme de syllogisme
- la femme est une rose
Or la rose est éphémère
donc "Mignonne" est éphémère
=> elle doit profiter de sa jeunesse
=> Plus qu'à une imitation servile du "Carpe Diem" d'Horace, Ronsard se livre à un détournement du message épicurien : ce n'est pas le jour mais la jeunesse qu'il faut saisir. Ce détournement est l'occasion de renouveler le lyrisme de l'Ode latine.
III) La musicalité de la langue
Le poète par la musicalité de sa langue et le mélange des genres insuffle un nouveau souffle à l'Ode latine.
1) la musicalité de la langue
- reprend la structure en 3 § de l'Ode pindarique = genre prestigieux => lyrisme familier => musicalité de la langue
- néologisme + rimes "choir/soir" - "jeunesse/ivresse"…
- rythme mimétique : "choir" + inversion insiste sur l'idée de chute
=> mais c'est surtout la "varietas", chère aux poète de la Pléiade que Ronsard renouvèle l'Ode.
2) le mélange des registres : "la varietas"
- 1§ : lyrisme élogieux
- 2§ : élégie pathétique : "las" => petit drame
- 3§ : didactique : connecteur logique : "donc", "si", "tandis que"…
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